Ce communiqué est également disponible en bilingue au format pdf sur ce LIEN. Diese Pressemitteilung ist auch zweisprachig unter diesem LINK verfügbar, unter dem französischen Text.
Aujourd’hui, le 7 avril 2026, le sort de l’Alsace en tant que collectivité à statut particulier va se décider. Du moins, en ce qui concerne la proposition de loi (PPL) déposée par le groupe « Ensemble pour la République » de l’Assemblée nationale, composé de sept partis du bloc central et présidé par Gabriel Attal, ancien Premier ministre. Nous avons applaudi l’initiative menée par madame Brigitte Klinkert, qui a déjà connu un premier succès avec l’inscription à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Par ailleurs, que la commission des lois ait rejeté l’article premier de la PPL n’est pas une mauvaise chose. N’évoquer que le cas Alsace va simplifier les débats, tant qu’ils peuvent l’être.
Car déjà des vents contraires venant des grincheux jacobins pour lesquels, depuis des siècles, enlever une virgule de leur concept politico-administratif fait trembler et même effondrer la République. Ainsi avons-nous dû subir d’éternelles annonces de danger mortifère pour la République, en l’occurrence cette fois du quasi-fonctionnaire des médias Benjamin Morel, pourfendeurs de girondins et de l’ancien ministre Jean-Michel Blanquer, dont on a subi notamment ses vives oppositions aux langues et cultures régionales.
Dans un article du Figaro du 4 avril 2026 intitulé « Le différentialisme contre la France », ils nous livrent leur obsession, en même temps que leur archaïsme, en professant que « Le différentialisme n’est pas seulement une menace existentielle, c’est aussi le tombeau de l’efficacité de l’action publique…. ». Dans toutes les démocraties proches de la France et qui sont toutes fédéralisées ou fortement régionalisées, on a compris depuis longtemps que l’adaptation des normes et des compétences à la diversité des territoires a pour enjeu de conjuguer au mieux, au niveau local, efficacité de l’action publique et volonté politique.
Par ailleurs, dix présidents de région s’opposent dans Le Monde du 5 avril 2026 à la sortie de l’Alsace du Grand Est, inscrite dans une proposition de loi. Certes, c’est leur droit, mais il ne s’agit que de dix sur dix-huit, car la France compte dix-huit régions. Il est à noter que, parmi les huit, figurent la Bretagne, la Corse, la Guadeloupe, la Guyane, la Réunion, la Martinique, Mayotte et la Normandie. Toutes ces régions assument des identités aux contours marqués par des géographies, des histoires, des économies, des langues et des cultures. Nous tirons volontiers la conclusion qu’elles trouvent qu’il puisse en être de même pour l’Alsace.
Enfin, le gouvernement annonce son intention d’introduire un amendement visant à consulter les habitants du Grand Est sur une éventuelle sortie de la région de la CEA. Les habitants du Grand Est seraient donc consultés sur la sortie, alors qu’ils n’ont pas été consultés sur leur entrée. Voilà donc de la démocratie à géométrie variable. On se souvient qu’à l’occasion de la réforme régionale, selon la Charte européenne de l’autonomie locale, dont l’État français est signataire, ce dernier aurait dû consulter les habitants des collectivités qui voient leur espace modifié. Une signature qui ne sera pas respectée.
Tout cela étant dit, nous souhaitons bonne chance à la PPL et à ses promoteurs. Comment vont se positionner les partis hors du groupe promoteur de la PPL ? Et quelle serait la puissance d’influence et de conviction de ce dernier par rapport aux autres ?
La PPL étant présentée par le groupe Attal (Ensemble pour la République), une forte opposition pourrait se dessiner du côté de LR et du PS. LFI sera des contres et le RN aussi (hormis les Alsaciens, peut-être…). Voilà pour l’Assemblée nationale. Le sénat étant dominé par les LR, une forte opposition pourrait se dessiner là aussi.
Alors, pschitt ! Mais rien n’est jamais perdu à l’avance.
En cas d’échec, face à tous ces jacobins, il faudra qu’enfin se construise un fort mouvement girondin en Alsace pour se situer et se faire entendre. Des choix partisans s’imposeront alors, comme s’imposera, pour certains, la sortie du double jeu.
Le président president@ica.alsace
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Pressemitteilung : Heutige Debatte über den Gesetzesentwurf zum Elsass
Heute, am 7. April 2026, entscheidet sich das Schicksal des Elsass als Gebietskörperschaft mit Sonderstatus. Zumindest was den Gesetzentwurf (PPL) betrifft, der von der Fraktion „Ensemble pour la République“ der Nationalversammlung eingereicht wurde, die sich aus sieben Parteien des Mitte-Blocks zusammensetzt und deren Vorsitz der ehemalige Premierminister Gabriel Attal innehat. Wir haben die Initiative von Frau Brigitte Klinkert begrüßt, die bereits einen ersten Erfolg verbuchen konnte, indem sie auf die Tagesordnung der Nationalversammlung gesetzt wurde. Im Übrigen ist es keine schlechte Sache, dass der Rechtsausschuss den ersten Artikel des PPL abgelehnt hat. Sich nur auf den Fall Elsass zu beschränken, wird die Debatten vereinfachen, soweit dies möglich ist.
Denn schon jetzt weht Gegenwind von den mürrischen Jakobinern, für die seit Jahrhunderten schon das Entfernen eines Kommas aus ihrem politisch-administrativen Konzept die Republik ins Wanken bringt und sogar zum Einsturz bringt. So mussten wir endlose Warnungen vor einer tödlichen Gefahr für die Republik erdulden, diesmal insbesondere von dem Quasi-Medienbeamten Benjamin Morel, den Verfechtern der Girondisten und dem ehemaligen Minister Jean-Michel Blanquer, dessen heftigen Widerstand gegen regionale Sprachen und Kulturen wir insbesondere erdulden mussten.
In einem Artikel im Figaro vom 4. April 2026 mit dem Titel „Der Differentialismus gegen Frankreich“ offenbaren sie uns ihre Obsession und zugleich ihren Archaismus, indem sie behaupten: „Der Differentialismus ist nicht nur eine existenzielle Bedrohung, er ist auch das Grab der Effizienz des staatlichen Handelns… “. In allen Demokratien in der Nachbarschaft Frankreichs, die alle föderalisiert oder stark regionalisiert sind, hat man längst verstanden, dass die Anpassung von Normen und Zuständigkeiten an die Vielfalt der Gebiete darauf abzielt, auf lokaler Ebene die Effizienz des staatlichen Handelns und den politischen Willen bestmöglich miteinander zu verbinden.
Im Übrigen sprechen sich zehn Regionalpräsidenten in der Ausgabe von Le Monde vom 5. April 2026 gegen den in einem Gesetzentwurf vorgesehenen Austritt des Elsass aus der Region Grand Est aus. Das ist zwar ihr gutes Recht, doch handelt es sich dabei nur um zehn von achtzehn, denn Frankreich zählt achtzehn Regionen. Es ist anzumerken, dass zu den acht Regionen die Bretagne, Korsika, Guadeloupe, Guyana, La Réunion, Martinique, Mayotte und die Normandie gehören. All diese Regionen haben Identitäten, deren Konturen durch Geografie, Geschichte, Wirtschaft, Sprache und Kultur geprägt sind. Wir ziehen gerne den Schluss, dass sie der Ansicht sind, dass dies auch für das Elsass gelten könnte.
Schließlich kündigt die Regierung ihre Absicht an, einen Änderungsantrag einzubringen, der darauf abzielt, die Einwohner des Grand Est zu einem möglichen Austritt der Region aus der CEA zu befragen. Die Einwohner des Grand Est würden also zum Austritt befragt, während sie zu ihrem Beitritt nicht befragt wurden. Das ist also Demokratie mit variabler Geometrie. Man erinnere sich daran, dass der französische Staat im Rahmen der Regionalreform gemäß der Europäischen Charta der lokalen Selbstverwaltung, deren Unterzeichner er ist, die Einwohner der Gebietskörperschaften hätte konsultieren müssen, deren Gebiet verändert wird. Eine Verpflichtung, die nicht eingehalten wird.
Nach all dem wünschen wir dem PPL und seinen Befürwortern viel Glück. Wie werden sich die Parteien außerhalb der PPL-Initiativgruppe positionieren? Und wie groß wäre deren Einfluss und Überzeugungskraft im Vergleich zu den anderen?
Da die PPL von der Attal-Gruppe (Ensemble pour la République) vorgelegt wird, könnte sich auf Seiten von LR und PS ein starker Widerstand abzeichnen. LFI wird dagegen sein, ebenso wie der RN (abgesehen vielleicht von den Elsässern…). Soviel zur Nationalversammlung. Da der Senat von der LR dominiert wird, könnte sich auch dort ein starker Widerstand abzeichnen.
Also, pschitt! Aber nichts ist jemals von vornherein verloren.
Im Falle eines Scheiterns, angesichts all dieser Jakobiner, muss sich endlich eine starke girondistische Bewegung im Elsass bilden, um sich zu positionieren und Gehör zu verschaffen. Dann werden parteipolitische Entscheidungen unumgänglich sein, ebenso wie für manche der Ausstieg aus dem Doppelspiel.
Der Präsident president@ica.alsace